Un jardin sans fleurs ni verdure

Par Michaële Perron-Langlais

C’est la première fois que je mets les pieds ici. Dès mon arrivée, on m’indique que le Jardin est située au deuxième étage. Je gravis donc les escaliers avant d’atterrir dans une vaste pièce au décor sobre et moderne, dominé par des teintes de gris. Dans le Jardin de réalité virtuelle du Centre Phi, les fleurs et les plantes ont laissées place aux écrans et aux visiocasques.

Situé en plein cœur du Vieux-Montréal, le Centre Phi se donne pour mission de «provoquer des rencontres inattendues entre les artistes et les publics», selon ce qu’on peut lire sur son site internet. Depuis janvier 2016, on y trouve le Jardin de réalité virtuelle, une installation qui propose aux visiteurs de vivre gratuitement une expérience artistique et technologique unique. Intriguée par le concept, j’ai décidé d’aller en apprendre un peu plus.

J’ai à peine fait quelques pas dans la salle lorsqu’une employée s’approche de moi et me demande si j’en suis à ma première visite. Puisque c’est le cas, elle m’explique que la programmation du Jardin se renouvèle plusieurs fois par année afin de traiter de thématiques diverses. Pour le moment, et jusqu’au 12 mars prochain, c’est l’animation qui est à l’honneur dans les trois différentes stations qui sont proposées. Autour de nous, moins d’une dizaine de visiteurs sont en train d’en faire l’expérience, casques de réalité virtuelle sur la tête.

Je m’installe à la première station, qui présente Minotaur, une animation en réalité virtuelle produite par l’Office national du film du Canada. J’enfile le visiocasque et me retrouve plongée dans une œuvre abstraite et parfois difficile à suivre. Des formes défilent devant moi, accompagnées d’une musique intense et rythmée. Si l’esthétique est intéressante, ce court métrage me laisse sur ma faim. À mon avis, il aurait été possible de le regarder sur un écran traditionnel avec le même résultat. Pourquoi donc s’encombrer d’un casque immersif? Les deux stations restantes sauront-elles me convaincre?

La deuxième section du Jardin de réalité virtuelle propose trois courts-métrages d’animation racontant chacun une histoire touchante, de manière amusante et immersive. Produits par l’Oculus Story Studio, pour Henry et Lost, et par les studios Penrose, pour The Rose and I, ces films permettent de constater un peu mieux l’intérêt du visiocasque. Bien que l’action se déroule principalement droit devant moi, il m’est possible, en tournant la tête, d’explorer l’environnement dans lequel a lieu l’histoire. Et en plus, dans les dans les trois cas, le scénario est bien pensé, les personnages sont attachants et les images magnifiques. Malgré ces atouts, je ne suis pas encore totalement satisfaite. Dans mon esprit, la réalité virtuelle se doit d’être non seulement immersive, mais aussi interactive. La troisième station répondra-t-elle enfin à mes attentes?

Pour finir mon expérience au Jardin de réalité virtuelle, j’ai l’occasion de me transformer en aigle grâce à Eagle Flight, un jeu développé par Ubisoft exclusivement pour les casques de réalité virtuelle. En bougeant ma tête d’un côté ou de l’autre, vers le haut ou vers le bas, je peux voler au-dessus de la ville de Paris, me promener autour de la tour Eiffel ou de la cathédrale Notre-Dame. En plus d’effectuer différentes manœuvres aériennes grâce au mouvement de ma tête, je tiens une manette de jeu vidéo qui me permet d’attaquer et de me défendre en cas de rencontres ennemies. Bien que parfois un peu étourdissant, le jeu est facile à comprendre, grâce à des commandes intuitives, même pour une néophyte des jeux vidéo comme moi.

Je quitte le Centre Phi satisfaite de ma visite, et avec l’intention d’y retourner. Avec ses trois stations bien différentes les unes des autres, le Jardin de réalité virtuelle du Centre Phi en a pour tous les goûts. Pour les adeptes de nouvelles technologies ou simplement pour les curieux, il s’agit d’une excellente occasion de tester les fameux casques de réalité virtuelle dont on entend de plus en plus parler depuis leur mise en marché, il y a un peu plus d’un an. Et en plus, c’est gratuit!

 

 

 

 

En 2016, pourquoi aucune femme n’entraine dans la Ligue Nationale de Hockey ?

Sauvageau, Daniele

Crédit photo : Mike Ridewood

 

« Parce que l’on n’en veut pas », voilà la réponse à cette question, que j’ai posé à Danièle Sauvageau, durant un entretien téléphonique. Une réponse directe et franche de cette femme qui a marqué l’histoire du hockey canadien. 

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De l’utilité du « munch »

Par Timothé Matte-Bergeron

Savez-vous ce qu’est un « munch » ? Si je précise que c’est souvent l’étape avant d’aller jouer en donjon, ça vous donne un indice ? Non ? Voilà ce que c’est : une activité de socialisation… pour les adeptes du BDSM*. J’explique.

Les gens qui pratiquent le BDSM ne sont pas forcément, on s’en doute, reconnaissables dans la rue. Votre patron, votre collègue, votre ami, même votre chum ou votre blonde : tous pourraient, sans que vous ne le sachiez, aimer fouetter ou être fouetté une fois de temps en temps. Mais comment ces gens-là arrivent-ils à entrer en contact entre eux, vous demandez-vous peut-être, alors qu’ils ne crient pas forcément sur les toits leurs goûts sexuels ?

Le premier contact se fait aujourd’hui assez souvent sur le net, sur des sites de rencontre « kinky friendly » (ouverts aux sexualités sortant de l’ordinaire), comme OkCupid. Toutefois il existe toujours le risque de tomber, lors de la rencontre en personne, sur un peu n’importe qui… Bien que ce risque existe probablement dans tout genre de rencontre avec internet comme point de départ, les conséquences peuvent être, on l’imagine, bien plus graves dans un contexte BDSM : on ne veut pas trop se faire fouetter ou donner la fessée par une personne instable ou psychopathe, avouons-le.

Pour la sexologue Jessica Caruso, qui a fréquenté pendant quelques années la communauté BDSM montréalaise, sur laquelle portait son mémoire de maîtrise, voici une règle de base que plusieurs se donnent : « La première fois que tu rencontres quelqu’un, rencontre-le en public, pas chez toi. » Question d’éviter de potentiels (et graves) ennuis.

Alix, qui pratique le BDSM depuis presque deux ans, a assisté à plusieurs de ces événements de socialisation que sont les « munchs » dans la dernière année : « Ça a lieu une fois par mois, au deuxième étage d’un bar. N’importe qui peut venir. Il y a habituellement une quarantaine de personnes. » Et les règles y sont relativement strictes, pour éviter des dérapages : aucun harcèlement n’est permis, aucune prise de photos non plus, et aucun comportement de nature sexuelle.

Les raisons pour assister à ces « munchs » peuvent varier d’une personne à l’autre. Normalement, on y va pour rencontrer des gens qui ont la même « passion » que soi, pour se poser des questions sur les pratiques qu’on aime le plus et pour obtenir des conseils de gens plus expérimentés, mais la motivation principale, selon Alix, en est la planification des événements de « play party ».

Savez-vous ce qu’est un « play party » ? Si je précise que cela se passe dans un donjon, cela sonne-t-il une cloche ? Non ? Que dans le donjon, plusieurs personnes s’amusent, avec tout plein de drôles d’objets – et d’autres moins drôles – en jouant des rôles variés, tels le Dominant ou le soumis, le Maître ou l’esclave ? Ah, maintenant, vous voyez bien.

 

*Acronyme rassemblant tous les jeux de bondage, discipline, domination, soumission et sadomasochisme.

 

X+Y+une garrot à l’unité

Je traînais sur Youtube, tard le soir. Je tombe sur un freestyle d’une équipe du New Jersey. Une fille apparaît dans un grand sweat décoloré. Elle rappe vraiment bien, super captivante. Je me mets à regarder tous ses clips.

La voilà maintenant en train de préparer un braquage, celui du père de sa petite amie. Le clip se passe dans une épicerie, les néons violets donne une ambiance codéinée. Je ne pense pas qu’elle soit sous lean, le sirop contre la toux anesthésiant, mélangé au sprite. Non, elle dégage beaucoup d’énergie.

En revanche, l’instrumentale devient lente, langoureuse. Elle superpose sa voix à des grosses basses imposantes, comme on pourrait entendre sur les morceaux de Partynextdoor. Sa voix grave, trafiquée me fait penser à Bryson Tiller et Post Malone mais dans la peau d’une leadeuse de cartel mexicain. Elle est belle, elle a « 070 » tatoué au coin de l’oeil. Puis elle met sa cagoule en répétant qu’elle ne ne croit en personne, « Trust Nobody ». C’est trop.

070Shake c’est son nom, simple : 070 comme son équipe et Shake son surnom.

Lorsqu’elle embrasse sa copine dans son clip, j’ai pensé à Young MA. Une autre rappeuse de New York qui s’affiche sur Instagram en dispersant des dollars sur des stripteaseuses.

Des rappeuses lesbiennes, sans revendication particulière, le vivant pleinement. Affichant une part de leur vie indéniable. Un rap féminin qui aime les femmes.

J’ai aussi pensé au dernier clip de Laylow, Gtmotors. Dans ses paroles, il dit : « dans le fond, X recherche Y + une garrot à l’unité ». Garrot veut dire cigarette, comme on peut en acheter dans une épicerie à 50cts en France. Cette courte phrase, assez abstraite me parle beaucoup. Il y a une forme d’égalité entre les sexes, qui sont en quête d’une cause commune. Dans ce cas, une cigarette.

 

Bien que les hommes soient largement représentés sur la scène rap. Peu à peu on voit éclore des figures féminines de plus en plus populaires. 070Shake et Young MA font des milliers  de vues sur Youtube. Ces filles sont toutes aussi puissantes, techniques et revendicatrices. Qu’il s’agisse de rue, d’argent, de violence, d’amour, de déception, de fierté, leurs paroles gravitent autour des mêmes questions que les hommes.

Le rap a souvent était qualifié de misogyne. L’argent, la voiture de luxe et les grosses fesses font partie du décor du rappeur, dans sa plus célèbre caricature.

Mais récemment, j’ai découvert un rappeur de la banlieue parisienne. Dans son clip Pas Joli, des filles droguent un homme. Au début, tout porte à croire qu’elle foncent droit dans un piège mais elles deviennent progressivement des bourreaux. L’image de la femme dans ce clip, annonce un nouveau rôle. Elles ne figurent pas, elles agissent.

Un peu plus bas, sur les commentaires Youtube de 070Shake, des fans affichent leur fascination. « Je t’écoute en boucle Shake », « Tu devrais être en solo », « Cette fille va changer le rap ».

Elle a récemment signé sur le label G.O.O.D Music créé par Kanye West.

 

 

 

 

 

League of Legend : quel streamer pour t’améliorer ?

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Ôla fan de League of Legend ! Connais-tu bien le monde des streamers ? Sérieux ou fan de trolling, compétiteurs acharnés ou amateurs de « bô jeu » : il y en a pour tous les goûts, et ils sont tous sur la plateforme Twitch. Voici une sélection, par lignes, de streamers francophones qui pourraient te plaire:

La Midlane 

-Domingo : Ce jeune de 22 ans est l’un des poids lourds du milieu ! Avec plus de 410 000 abonnés sur Youtube, le jeune streamer est très présent sur Twitch et les réseaux sociaux. Actuellement Diamand 1, il est d’un bon niveau, sans être mécaniquement le meilleur joueur de la ligue des streamers. Il joue sur l’ambiance et le divertissement, ne tombe toutefois jamais dans le trolling pur et dur. Sa communauté est juvénile, l’ambiance bonne enfant. Certains de ses « fails » sont très connus de la communauté, faire une  » Domingo »dans LoL, c’est rater une action (un flash, de préférance contre un mur).

Voici son profil Twitch.

Le Jungler 

-Rush : ce joueur coréen est venu aux Etats-Unis pour rejoindre la team C9. En quelques mois, ses abonnés ont pu constater ses progrès en anglais. Drôle et doté d’une belle conscience, il a récemment remboursé une donation de 5 500 dollars lors d’un de ses lives, gêné a l’idée qu’on lui offre plus de son salaire. Jungler très agressif, dôté de réflexes presques inhumains, il est l’un des meilleurs joueurs de Lee Sin au monde

Voici son profil Twitch.

Le Toplaner

-Alderiate : triple challenger, et toujours toplaner ! Immuable dans la ligne, c’est une figure bien connue de la scène francophone de League of Legend. Ses champions préférés sont tous des dingues de l’auto-attaque ( citons Jax et Tryndamere ), et ce streamer chauve sait les emmener tous en haut du classement EUW.

Voici son profil Twitch.

L’AD Carry

-Wakz : encore nouveau comme streamer, Wakz joue pourtant depuis longtemps : il est déja triple challenger. Redoutable sur tous les picks solides de la saison, les meilleurs compétiteurs ont du apprendre à craindre son Jhin ! Son duo avec Caelan, analytique et stratégique, est particulièrement efficace. Seul hic : parfois trop sérieux, on aimerait qu’il se lâche plus !

Voici son profil Twitch.

Le Support

-Caelan : Ancien main Jungle, il est devenu support pour les besoin de son équipe de streamers en 5v5. On retrouve d’autres têtes bien connues ( Alderiate, Kameto, Melon). Il a réalisé une belle métamorphose et son équipe se classe dans le Top 5 du ladder EUW. Patient, consciencieux, et pédagogique : c’est le streamer à suivre si tu veux améliorer ta vision de jeu.

Voici son profil Twitch.

Guillaume Hamonic

Méfiez-vous du chat qui dort

Par Thomas Martin

 

Alors qu’un sondage OpinionWay affirme que 51 % des Français préfèrent passer du temps avec leur animal de compagnie plutôt qu’avec leurs amis, une récente étude nous apprend aujourd’hui que les chats domestiques seraient tentés de mettre fin à nos jours…

 

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Les païens aiment-ils leur prochain ?

Par Perrine Larsimont

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Au cours d’échanges que j’ai eu récemment avec de jeunes chrétiens sur leur rapport à la foi, j’ai été frappée par une affirmation qui revenait systématiquement: la conviction que Dieu a fait d’eux de meilleures personnes, moins centrées sur elles-même, d’avantage ouvertes aux autres. Autre constat, les quatre personnes que j’ai rencontrées ont toutes connu des périodes moins engagées spirituellement, certaines évoquant de véritables passages à vide dont la prise de conscience correspond à leur (re)connexion religieuse.

Les coups durs sont propices aux remises en question. Les deuils, les déconvenues amoureuses ou professionnelles, les problèmes de santé peuvent aboutir – lorsqu’ils ne nous tuent pas- à un réajustement de notre échelle de valeurs. Ces événements agissent alors comme un révélateur, nous invitant à cueillir la rose et transforment éventuellement notre rapport aux autres. Mais est-ce la prise de conscience d’un mode de vie auto-centré qui a poussé mes intervenants vers Dieu ou est-ce la révélation de Dieu qui les a éconduits de leurs préoccupations égoïstes ? L’ouverture aux autres et au monde ne peut-il donc se vivre en dehors de la foi ? L’athéisme se distancie-t-il forcément de certaines valeurs altruistes de la tradition chrétienne ?

En ‘googlant’ ma question sur le net, je suis tombée avec amusement sur cette étude parue dans la revue Current Biology en novembre 2015. Elle contredit la supposition selon laquelle les enfants élevés au sein de familles croyantes sont plus altruistes que les autres. Suite à une expérience menée auprès de 1200 bambins sur quatre continents, il est apparu que les individus élevés au sein de familles non religieuses étaient les plus enclins à poser des actes altruistes et à faire preuve de tolérance envers leurs camarades. Je ne m’étendrai pas sur les raisons de cette différence étant donné le rapport abstrait que peuvent entretenir les enfants à la spiritualité. Je retiendrai simplement la démonstration d’un développement moral  sans prise avec le sacré.

Car il me plaît à croire que l’homme a la capacité de poser des actions désintéressées – pour certains, d’en tirer un art de vivre – en dehors de toute révélation divine.